FICHE TECHNIQUE

Titre : Shaolin Vs Ninja
Aka : The Story of Shaolin, Shaolin contre Ninja
Année de tournage : 1980
Réalisateur : Robert Tai
Producteur : William Lan
Ass. Prod. : Helen Wu

Scénaristes : Robert Tai, Robert Chang, Lam Tien Hung
Chorégraphe : Robert Tai

Golden Sun (HK) Films Co.
1983

Tai O meter

Kung Fu meter

CAST


Alexander Lo
is Wai Ming the brave shaolin monk

Alan Hsu
is Chung Tao, comissionner of the emperor

Chang Chi Ping

is the Supreme Monk

Yee Yuen

is The Japanese Lord

Wong Kwo Fai

is Lee Yuen the Japanese Super Intendant

Kim Fan

is Yuen Shi, leader of japanese monks

Miu Ho

is Chae Hong
the Shaolin Stick Monk

Wong Hap

is Shi Tao the Royal Japanese Monk

Wong Tak Sang

is Japanese swordsman # 1

Mau Ging Shun

is Japanese swordsman # 2

Wong Chi Sang

is Spearman Japanese Monk # 1

Yeung Hung

is Tai Shu the strong japanese monk

William Yen

is Tung Fat, the acrobatic Shaolin Monk

Unidentified

is a Shaolin master

Jacky Chang
is Spearman japanese Monk # 2

Ting Hwa Chung
is a young Shaolin Master

Lee Jo Wing

is Hai Tun, spearman japanese Monk # 3

Robert Tai
is Chi Kwong the white Shaolin Monk

Unidentified
is Wai Jen, Shield & Sword Shaolin Monk

Unidentified
is Georges Ho the acrobatic japanese Monk

Unidentified
is the Village chief

Unidentified
is a young village woman

Unidentified
is a bad japanese swordsman

Unidentified
is a bad japanese swordsman

Unidentified
is the robed man

 


CRITIQUE

Les shaolin japonais défient les shaolin chinois les accusant de la mort de leur chef, le moine royal, mais le méchant intendant général nippon derrière toute cette affaire, cache son véritable objectif, éliminer tout ce beau monde grâce à sa horde secrète de ninjas.

Titre concept à lui tout seul, Shaolin Vs Ninja est le grand projet personnel de Robert Tai et de son collaborateur, le producteur Taiwanais Lam Tien Hung. Tai plonge dès "Devil Killer" dans la culture ninja et découvre les livres japonais traditionnels traitant le phénomène. Son objectif sera dès lors de mélanger ses propres influences (l'opéra dont il est issu et le kung fu shaolin) à ce qu'il a lu des ninjas (Tai va très peu au cinéma) afin de créer son propre style qu'il veut unique et précurseur.

Pourtant, "Shaolin Vs Ninja" est encore très discret concernant les ninjas, malgré son titre. Le film se concentre sur l'affrontement entre shaolin chinois et shaolin japonais montés à tort les uns contre les autres par des envahisseurs samouraïs menés en secret par un clan ninja. Leurs courtes apparitions constituent néanmoins une bonne petite référence à ce que va devenir le ninja des années 80.

Premier volet officieux de Ninja final duel, Shaolin vs Ninja est en fait bien différent et antérieur à celui-ci. Tai utilise dans Shaolin Vs Ninja un pitch bien connu des classiques du kung fu lancé par le mythique "Secret Rivals" de Ng See Yuen, reprenant aussi le principe de la confrontation Chinois / Japonais du légendaire "Challenge of the ninja" de Liu Chia Liang ainsi que la confrontation infondée entre shaolin du nord et du Sud de "Invincible Shaolin" de Chang Cheh. Un tournoi plus ou moins pacifique en découlera avant que le véritable ennemi se montre au grand jour pour un final opposant les shaolins unis face aux ninjas.

Shaolin Vs Ninja offre moins de combats que la moyenne habituelle des films de Robert Tai et s'attarde davantage sur son récit. Le style des chorégraphies possèdent encore de nombreuses sources purement old school. Les athlètes bien trop méconnus y sont impressionants, que ce soit au sabre, à la lance, à mains nues, au bâton, au saï, etc. Alexander Lou toujours aussi caricatural et enragé est cependant plutôt absent des joutes. En guise de compensation, le niveau de chaque athlète y est au summum et Robert Tai nous gratifie de sa maîtrise lors d'un des duels de l'excellent tournoi (la meilleure partie du film) qui dure tout de même près de 30 minutes. Que ce soit Alan Hsu, enquêteur japonais, William Yen comme toujours jeune moine acrobatique ou encore Yeung Hung la grosse brute, entre autres, chacun assure et vaut techniquement beaucoup de grandes stars, croyez-moi. Quelques folies câblés, quelques bonus bis s'entassent dans la deuxième partie qui prend presque un souffle "Taien" libérateur mais l'ensemble reste avant tout classique.

Assez proche de "Shaolin Vs Lama" dans son approche, autre bon kung fu indé taiwanais grandement supervisé par Robert Tai, le cadre est aussi le même, le superbe temple shaolin de Corée du Sud utilisé pour nombre de kung fus taiwanais indépendants, mais là où Shaolin Vs Lama savait rester simple pour se concentrer sur le spectacle constant, Shaolin Vs Ninja se perd un peu trop dans son plot fourni en personnages. Robert Tai adore mettre en jeu un nombre impressionant de combattants différents. Il trouvera par la suite la solution en supprimant tous les backgrounds de personnages trop longuement présentés ici.

Shaolin vs ninja est donc à priori décevant. Sa première partie est étonnament lente pour un Robert Tai. Le tournoi et le final déjanté contre le chef ninja où l'on retrouve tous les meilleurs combattants du film sont bons mais son histoire malade et une autre raison pourront clairement rebuter le spectateur.

Car il y a plus grave, bien plus grave. Le seul dvd disponible de "shaolin vs ninja" est une horreur, le pire de tous les dvds qu'il m'ait été donné d'acheter, pire que les Groundzero, pire que la plus pourrie des vhs vivantes :

- le doublage américain est une honte infecte surtout pas synchronisée. On jurerait qu'il se font un barbecue/bière pendant la post synchro !
- l'image est lamentable, qualité vhs usée jusqu'à la corde, plein écran recadrée comme jamais à gauche et à droite, surexposée ou trop sombre. A se demander comment l'éditeur a pu trouver les superbes photos qui ornent la jaquette.
- pire que tout, 3 ou 4 passages sont carrément foutus, la vhs ayant servi de master propose tout simplement des écrans noirs de plusieurs secondes, et pendant les combats qui plus est !! °^^^^°

La seule version grand écran de Shaolin Vs Ninja est sortie au Japon. C'est la Warner qui détient aujourd'hui le master depuis que le producteur taiwanais Lam Tien Hung leur a vendu tous ses films dont celui-ci.

Si seulement les films de Robert Tai étaient réédités en qualité Celestial, en particulier celui-ci, alors je suis certain qu'on pourrait découvrir un tout autre film, avec des chorégraphies superbement techniques, une histoire courue d'avance mais qui change du kung fu tout classique, du pur combat old school qui part en bisserie lorsque les ninjas attaquent, comme d'habitude. On pourrait même y voir une sorte de remix de "Challenge of the Ninja" vu par Robert Tai au delà de son titre qui n'est du reste pas nommé ainsi juste pour l'atout commercial. En effet, l'opposition respectueuse entre shaolin japonais et chinois résonne de la même façon que dans le chef d'oeuvre de Liu Chia Liang. Le final est à ce propos la parfaite vision radicale de la même philosophie de tolérance du Sifu Liu Chia Liang vue au travers du regard de Tai, disciple du style violent de Chang Cheh faut-il le rappeler. On obtient donc un mélange qui définit on ne peut mieux les films de Tai Che : la tolérance et la force de l'esprit de groupe qui débouchent sur des solutions tout sauf pacifiques qui se résument le plus souvent à : on fonce dans le tas !

De nombreuses zones d'ombre persistent autour de ce film. Généralement daté de 1984 par les sites de base de données, Toby Russell, ami et spécialiste de Tai le date lui formellement de 1980-1981. Aurait-il été plagié dans ses particularités chorégraphiques par Ching Siu Tung, dont le frère travaillait sur le montage, pour propulser son légendaire "Duel to the Death" (1983), autrement dit l'aube de l'ère moderne des combats câblés ? Même si certaines scènes de "Duel to the death" sont troublantes de similitudes, l'attaque du maître shaolin par les ninjas en particulier, quasiment similaire au plan près, le budget en moins, il reste très difficile de l'affirmer tant la réalisation globale de "Shaolin vs ninja" reste bien loin de ce grand film clé des arts martiaux. Et finalement, le débat reste assez vain, compte tenu de l'importance de la nouvelle vague Hongkongaise qui produit à l'époque de nombreuses autres perles au moins aussi importantes.

Film malade et total à la fois, servi par la crême des athlètes taiwanais, film réputé, côté underground, au point d'en faire l'un des maillon primordial des combats câblés modernes, non dénué de menues pointes d'humour gras, son extrême violence omniprésente est à total contre courant de la vague de kung fu comédié qui sévit à l'époque à HK avec Jackie Chan en tête de liste. Shaolin Vs Ninja de Robert Tai reste un film difficile à apprécier à sa juste valeur tant qu'une copie potable ne verra pas le jour.

GOODIES

 

 

 


 

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